Figures du Japon à l’Espace Densan

Du 2 au 30 octobre 2019

L’espace Densan  présente « Figures du Japon », dédié aux objets d’artisanat qui portent bonheur dans la culture japonaise, avec un sélection de quelques objets emblématiques porteurs de bons présages dans la vie quotidienne des habitants de l’archipel.

 

Au Japon, il existe de nombreux porte-bonheur ou « engimono », terme constitué de 2
idéogrammes : engi (le présage ) et mono ( l’objet). Issu du bouddhisme, engi qui signifie
« coproduction conditionnée », est associé à la notion d’interdépendance.

Les Japonais considèrent que les bons présages leur portent bonheur et voient la
réalisation de leurs souhaits, alors qu’au contraire les mauvais présages causent des
choses néfastes.

Les porte-bonheur sont apparus afin d’attirer le bonheur ou chasser le malheur et cette
manière de penser est solidement ancrée dans leurs croyances.

Depuis des siècles, ils confient leurs souhaits aux engimono, lors des changements de
saison ou de moments spéciaux dans la vie, par exemple pour un mariage ou le jour d’un
examen.
Ils peuvent être des amulettes, mais aussi des plats d’alimentation traditionnelle, des
animaux, des plantes ou encore des motifs.

Même si les raisons de cette croyance restent floues, il semble que cette culture
particulière ait évolué en s’imprégnant du shintoïsme, du bouddhisme et du taoïsme
depuis l’époque ancienne.

 

Maneki-neko

 

– Artisanat « Seto sometsuke-yaki »

Maneki (inviter) et neko (chat) est l’un des porte-bonheur les plus populaires au Japon.
Le chat à la patte droite levée apporte la fortune ou le bonheur et celui avec la patte
gauche attire les clients et les passants.
L’histoire du maneki-neko qui remonte au 17e siècle (ère Edo), repose sur la légende la
plus connue liée au temple de Gotoku-ji : de retour de la chasse au faucon, le seigneur
Naotaka Ii de l’ancienne province de Shiga passait devant ce temple, lorsqu’il trouva un
chat blanc qui lui fit des signes en levant les pattes, telle une invitation à y entrer.
Intrigué, Naotaka y pénétra, alors que la foudre frappa l’endroit où il se tenait peu
avant. Sauvé par le chat, Naotaka choisit le temple comme son bodaji (temple qui
s’occupe des morts d’une famille) et en devint le bienfaiteur.
Ce maneki-neko, porteur du label DENSAN, est en céramique « Seto sometsuke-yaki »
finement ornée de motifs bleus sur fond blanc, selon la technique du Sometsuke
(peinture sur porcelaine) de Gosu (cobalt), provenant de la ville de Seto (préfecture
d’Aichi).
Depuis le 11e siècle, la région de Seto qui comprend l’un des six fours historiques de
l’archipel, se distingue par la créativité de sa céramique utilisant une vaste gamme de
couvertes.
La technique du « Sometsuke de Gosu » qui prit son essor à la fin du 19e siècle, fut
reconnue en tant qu’artisanat traditionnel en 1997.

Tengu

– Artisanat « Etchu-washi »

Le tengu est associé à la pratique ascète connue sous le nom de shugendo (tradition
spirituelle millénaire qui a précédé les différents bouddhismes japonais), il est souvent
représenté dans le costume de ses disciples, les yamabushi, qui vivaient dans les
montagnes.
De nos jours, toujours considéré comme une créature apportant la protection divine, il
est vénéré dans certains temples bouddhistes comme le Takao-san Yakuo-in à Tokyo.
On le retrouve dans le théâtre japonais où la culture du masque est omniprésente
depuis des siècles. Il est aussi vendu durant les matsuri ou ennichi (fêtes et festivals
populaires traditionnels) durant lesquels on célèbre l’abondance des récoltes, on prie
pour une meilleure santé et pour la paix dans la région ou encore pour vénérer les
ancêtres.
Le tengu qui nous concerne ici est fabriqué en « Etchu-washi » dans la préfecture de
Toyama ; il remonte à l’ère Nara (710-794) et a été désigné comme artisanat
traditionnel en 1988.
Son procédé de fabrication est semblable à celle des autres washi, papiers japonais
traditionnels.
L’Etchu-washi est utilisé pour les shoji (paroi ou porte en washi) ou bien encore pour la
restauration de biens culturels.
Il en existe 3 sortes : Gokayama, Yatsuo et Birudan qui représentent des noms de villes
de la préfecture de Toyama. Chacun d’eux possède une particularité et une utilisation
différente.
Par exemple, le Yatsuo-washi était spécialement employé pour l’emballage des
médicaments, ce qui s’explique parce que la préfecture de Toyama était réputée pour la
vente de médicaments dès le 17e siècle.

 

Kokeshi

– Artisanat « Miyagi dento kokeshi »

C’est au milieu de l’ère Edo (1700-1750) que les artisans du bois (ou kijishi) de la région
de Tohoku ont commencé à fabriquer des kokeshi comme souvenirs pour les visiteurs
qui se rendaient aux onsen (sources chaudes volcaniques) et les rapportaient comme
cadeaux, notamment pour leurs enfants.
Dans la région de Tohoku, il existe 11 sortes de kokeshi traditionnelles, mais seules
celles confectionnées dans la préfecture de Miyagi ont été désignées comme artisanat
traditionnel par le METI en 1981, sous l’appellation « Miyagi dento kokeshi » (kokeshi
traditionnelle de Miyagi).
Les « Miyagi dento kokeshi » se répartissent en 5 sortes dont les intitulés correspondent
à des lieux où sont situés des onsen : Naruko kokeshi, Sakunami kokeshi, Togatta
kokeshi, Yajiro kokeshi et Hijiori kokeshi.
Traditionnellement au Japon, les kokeshi sont décorées principalement à l’aide de la
couleur rouge, une légende stipulant que le rouge aidait à éloigner la variole.
Les formes et les motifs sont différents selon les régions, en fonction des techniques de
fabrication des kokeshi, transmises de génération en génération dans les familles de
kijishi ou par leurs élèves.
La forme de la tête, du tronc, ainsi que les motifs sont des critères propres à chaque
style de kokeshi. Par exemple, la particularité des « Naruko kokeshi » est de présenter
une tête en forme d’œuf. Fabriquées en bois de cornouiller ou d’érable, les kokeshi sont
peintes et décorées notamment de fleurs, puis cirées. En tant qu’engimono, elles sont
censées apporter joie et santé aux enfants.

 

Shisa

– Artisanat « Tsuboya-yaki »

L’origine du shisa provient de la Chine et remonterait au 14e ou 15e siècle ; d’après une
légende chinoise, cette créature qui ressemble à un lion, faisait office de gardien pour
protéger les tombes des familles royales ou des nobles.
Transmis ensuite à Okinawa, le shisa (terme en dialecte local) avait pour mission de
chasser le malheur et de protéger la maison.
Dans le reste du Japon où il est généralement présent dans les temples, il est appelé
shishi.
A Okinawa, le shisa est utilisé à l’entrée des temples, sur le toit des châteaux, à l’entrée
ou sur le coteau d’un village. Mais c’est dans les maisons, notamment sur le toit, qu’on
le trouve le plus fréquemment.
Au début du 17e siècle (avant son rattachement au Japon en 1879), le royaume de
Ryukyu (actuels archipel et préfecture d’Okinawa) invita des céramistes coréens venant
de Satsuma (actuelle préfecture Kagoshima) pour développer la fabrication de la
céramique.
En 1682 (durant l’ère Edo), les 3 fours d’origine ont été rassemblés à Naha dans un
même quartier nommé « Tsuboya ».

Fabriqué dans la préfecture d’Okinawa, l’artisanat ici présenté se nomme « Tsuboya-
yaki », il fut désigné comme artisanat traditionnel en 1976.

La céramique d’Okinawa se compose de 2 types : « Joyachi » et « Arayachi »
Destiné aux objets du quotidien, le type « Joyachi » désigne la céramique avec émail
cuite à environ 1.200 degrés, alors que le style « Arayachi », cuit sans émail à environ
1.000 degrés, est destiné à des jarres.
La majorité des créations en céramique « Tsuboya-yaki » sont de type « Joyachi ».

 

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